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Évènement du 30 août 956 :

Décès du comte Gislebert ou Gilbert de Chalon à Langres.
Portrait de la famille de ce personnage :
Gislebert appartenait à la famille des
Manassides. Son père était le comte Manassès Ier dit l'Ancien, qui fut un personnage important en
Bourgogne au IXème et Xème siècle, présenté souvent par les historiens comme le bras droit du duc de Bourgogne, Richard le Justicier. Ce comte
Manassès fut en possession de nombreux comtés en Bourgogne : Atuyer, Auxois, Avallon, Beaune, Duesmois, Dijon, Oscheret, Langres. Mais il ne fut jamais comte de Chalon-sur-Saône. Il épousa deux dames, de sa première épouse Alexandra, fille du
roi Boson, il eut une fille et un garçon, Agnès et Walon. Agnès épousera le comte Turumbert et de cette union naitront quatre enfants, Garnier qui sera vicomte de Sens, puis comte de Troyes,
Turumbert II qui ira faire carrière dans le royaume de Bourgogne, Manassès II qui épousera Judith la fille du duc de Bourgogne et futur roi Raoul, et qui sera seigneur de Vergy, comte d'Autun et comte de Chalon-sur-Saône, et
Adalgaud qui sera évêque de Genève.
Manassès l'Ancien se remaria avec une noble dame Ermengarde de Hainaut dont il eut cinq enfants, Ermengarde, Walon, Gislebert,
Hervé et Mannon. Si Walon, Hervé et Mannon étaient des noms de la famille des Manassides, Ermengarde et Gislebert étaient des noms issus de la famille de
l'épouse de Manassès. Gilbert n'était pas l'ainé de cette fratrie. Sa sœur Ermengarde épousera d'abord un comte Hugues en Bourgogne, frère du comte
Turumbert, l'époux de sa demi-sœur Agnès, puis le comte Liétaud II de Mâcon, et sera la mère du comte Albéric II de Mâcon. Manassès décéda en 918. Son
épouse Ermengarde fit transporter son corps dans l'église du monastère de Saint-Vivant sur la colline de Vergy, qu'elle avait fondé auparavant.
Son fils ainé Walon hérita après sa mort du comté d'Auxois, et du comté de Chalon-sur-Saône, sans savoir comment il hérita de ce dernier titre,
car ce comté n'était pas en possession de son père, certainement par des droits de sa mère Ermengarde. Il mourut en 924, en combattant les vikings à Chaumont avec ses deux neveux Garnier et
Manassès II, les fils de sa demi-sœur Agnès. Garnier trouvera lui aussi la mort à cette bataille.
Gislebert ou Gilbert qui avait hérité du comté d'Avalon à la mort de son père, hérita du comté de Chalon-sur-Saône, seulement après la
mort de son neveu Manassès II en 930. Il avait obtenu le comté de Beaune en 925. Son frère Hervé fut nommé abbé de
l'abbaye de Flavigny en 913, puis succéda à son
oncle paternel Walon, à l'évêché d’Autun, en 919. Manassès ou Mannon, son troisième frère hérita du comté de Duesmois vers 924.
Vers 920, Gilbert épousa Ermengarde, dont l’origine n'est pas certaine, mais qui peut être rattachée à Louis, comte de Thurgovie, fils
du roi Rodolphe Ier de Bourgogne. Cette dame avait des droits sur le comté d'Autun, par sa grand-mère paternelle Willa de Frioul épouse du roi
Rodolphe. Willa avait épousé en première noce le comte d'Autun, Richard dit le Grand, pour ne pas le confondre avec le comte et futur duc Richard dit le Justicier. Richard
dit le Grand était le fils du comte d'Autun, Thierri dit le Chambrier. Ermengarde apporta le comté d'Autun à Gislebert, après un accord avec son neveu Manassès II et il pouvait compter
également sur le soutien de son jeune frère Hervé, évêque de ce diocèse.
Les évènements majeurs de sa vie :
En 923, le duc Raoul de Bourgogne fut élu roi de Francie, avec le soutien de son beau-frère le marquis de Neustrie Hugues le Blanc
ou le Grand, car celui-ci n'avait pas encore d'enfants. Il n'y avait plus de duc en Bourgogne. Raoul ne nomma pas son frère Hugues dit le Noir à
la tête du duché, Hugues était seulement en possession de différents comtés
bourguignons.
En 924, le roi Raoul tint plusieurs assemblées en Bourgogne, à Autun, à Chalon-sur-Saône, pour neutraliser les seigneurs bourguignons,
notamment les ambitions du comte Gilbert qui souhaitait s'accaparer de différents comtés. Le couple royal s'appuya lors de leurs interventions en Bourgogne, sur le mari de leur fille Judith,
Manassès II, qui était une sorte de comte du palais. D'abord en possession du comté d'Autun, Il le laissa à Gislebert en 924, et prit possession de celui de Chalon. Manassès comme nous
l'avons vu ci-dessus, était le fils du comte Turumbert et de la comtesse Agnès, un petit-fils de Manassès l'Ancien.
Lorsque Manassès II disparut vers 930, ses trois fils Rodolphe, Robert et Manassès étaient dans l'entourage du roi Raoul. Rodolphe
hérita de la seigneurie de Vergy, avant de détenir le comté de Dijon vers 952, Robert fut nommé vicomte de Chalon avant de devenir comte de Chalon en
958 et Manassès ira épouser l'héritière de Coligny et fondera cette célèbre famille.
Entre 931 et 932, Gislebert et son petit-neveu, Richard de Sens, étaient en lutte contre le roi Raoul et la reine Emma,
qui avaient fait confisquer par les troupes royales le château d’Avallon, possession de Gilbert et le château de Mont-Saint-Jean appartenant à
Richard. Un accord fut finalement trouvé entre les deux parties.
A la mort du roi Raoul, en 936, son frère Hugues le Noir, ne réclama sa succession, ni sur le royaume de Francie, ni le duché de Bourgogne. Il se
contenta de continuer à gouverner un certain nombre de comtés bourguignons. Mais il devait partager avec Gilbert qui était aussi un acteur incontournable en Bourgogne,
son autorité, Gilbert était à la tête des comtés de Chalon, Beaune, Autun, Auxois, Duesmois, Mémontois, et Avalon.
Toutefois, cette même année, le comte Hugues le Noir s’empara de la ville de Langres et demanda l'appui et l'aide du comte Gislebert, car il refusait de reconnaitre la suzeraineté de Louis
IV, qui venait d'être choisi comme roi de Francie. Alors le roi aidé du marquis Hugues le Grand reprit la cité de Langres.
Pour le récompenser, Louis accorda à Hugues le Grand une partie du gouvernement de la Bourgogne, avec le titre de duc de Bourgogne.
En 937, Gislebert et Hugues le Noir firent alliance pour combattre les Hongrois qui venaient de ravager la Bourgogne.
Entre 944/949, le comte Gilbert de Chalon voulut imposer son abbé aux moines de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus,
aussi devant la forte pression du comte, les moines se réfugièrent avec leurs reliques auprès du comte de Mâcon, Liétaud. Ce dernier leur conseilla de se réfugier en Auvergne, et les moines s’installèrent à Saint-Pourçain. Il fallut
l’intervention des prélats locaux, Gui,
archevêque de Lyon, Gerfroi, archevêque de Besançon, Rotmond, évêque d’Autun, Hildebold, évêque de Chalon et Mainbode, évêque de Mâcon, qui organiseront
un concile à Tournus, ou Gilbert fut condamné, ce qui permit de faire revenir les moines et leur laisser le choix de désigner eux-mêmes leur abbé. Les prélats firent des donations à l’abbaye pour l’enrichir.
Dès 950, le duc Hugues le Blanc va s'appuyer pour gouverner la Bourgogne, et contrôler les ambitions de Gislebert, sur Rodolphe et Robert,
les fils de Manassès II. Les deux frères avaient récupéré l’avouerie de l’abbaye Saint-Marcel de
Chalon et les fonctions vicomtales à Chalon, Autun et Dijon.
Mais le comte Gislebert lui aussi chercha des appuis avec les fils de
Manassès II, comme il n'avait pas de fils pour lui succéder, il s'accorda
avec le vicomte Rodolphe en lui promettant sa fille Liégarde en mariage.
Rodolphe fut promu comte de Dijon par le roi Louis IV, dès 952.
Gilbert en 952, à la mort de Hugues le Noir, décédé sans héritier, gouverna une
plus grande partie du duché de Bourgogne en récupérant les comtés du défunt, avec
le titre de comte principal de Bourgogne, mais il n'était pas désigné duc de Bourgogne, par le roi.
Hugues le Blanc profita lui aussi du décès du comte Hugues le Noir en 952, sans héritier, de la jeunesse du roi Lothaire qui avait seulement
13 ans lorsqu'il succéda à son père en 954, et du fait que Gislebert n'avait pas d'héritier mâle, pour faire épouser son fils cadet Otton à Liégarde, avec dans la corbeille de mariage,
le duché de Bourgogne, début 956.
Par ce geste le duc des Francs cassa l'accord entre Gilbert et Rodolphe et imposa son orientation sur la Bourgogne. Adélaïde dite Werra, l'autre fille de Gilbert, avait
épousé le comte de Meaux, Robert de Vermandois, avec le titre de comte de Troyes dans la corbeille de mariage.
Puis en 958, profitant de la mort de Hugues le Blanc en juin 956
et celle de Gislebert en août 956, le comte de Dijon Rodolphe s'en prit à Otton et lui
enleva le château de Beaune, mais également son épouse Liégarde, son ex-promise. Si le château fut repris par les troupes ducales d'Otton, son épouse ne lui fut pas rendue, le couple illégitime dut s'enfuir
de la Bourgogne.
Alors en 959/960 le roi Lothaire intervint en Bourgogne et confirma Otton, à la tête du duché de Bourgogne, son frère Eudes,
le cadet, reçut le comté de Nevers, et deviendra duc de Bourgogne en 965, à la mort de son frère. Le comté de Dijon fut attribué à Hugues, fils du comte Gebuin.
Généalogie de la famille des Manassides :
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