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Histoire des Carolingiens ou l'empire d'Occident sur la Bourgogne
du VIIIème au IXème siècle

Pépin le Bref

En 754, le pape Étienne II (752-757), accompagné du duc Ogier, vient en Gaule demander de l’aide au roi des Francs Pépin le Bref (751-768) pour lutter contre les Lombards, et s’arrête à Besançon sur le trajet. Le 28 juillet dans l’abbaye de Saint-Denis, il donne l’onction sainte au roi des Francs, ainsi qu’à sa femme, Berthe et à ses deux fils, Charles et Carloman. L’événement est considérable car les rois mérovingiens n’ont jamais été sacrés. Pépin passe les Alpes, et bat les Lombards. Au lieu de remettre les terres conquises à l’empereur d'Orient, propriétaire d’origine, il les donne au pape, créant ainsi le premier état pontifical.

En 760, Pépin lance le début de la conquête de l'Aquitaine, qui est gouvernée par le duc Waifre. Cette guerre dure une dizaine d’années. Les Francs attaquent les premiers, les Aquitains ripostent et en 761 contre-attaquent dans la Bourgogne sur les villes de Nevers, d'Autun et de Chalon-sur-Saône.

En 761, les Bourguignons sous la conduite du comte de Chalon, Alard, fidèle de Pépin, battent sur les bords de la Loire, les troupes du comte d'Auvergne, Chilping, lieutenant de Waifre. Deux ans, plus tard, Pépin lance sa troisième campagne militaire contre les Aquitains, et rassemble son ost à Nevers. La conquête de l'Aquitaine se termine par la mort du duc Waifre en 768.

Berthe, l’épouse de Pépin, celle connut sous le surnom de «Berthe au grand pied», comble de dons les églises et les villes de Bourgogne Transjurane.

À la mort de Pépin en 768, le royaume des Francs est partagé entre ses deux fils, Charles (768-814), qui sera appelé Charlemagne après sa mort, et Carloman. C’est ce dernier qui hérite de la Bourgogne, mais pour quelque temps car il meurt de mort naturel en 771. Alard reconnaît Charlemagne comme son nouveau souverain, tandis que le duc Ogier, emmène en Lombardie, la veuve et les enfants de Carloman. 

Charlemagne et l’empire d’Occident

Charlemagne règne seul sur tout le royaume Franc. La vie de ce roi fut riche en événements, mais en ce qui concerne la Bourgogne, peu de ceux-ci sont répertoriés.

Notons que lors de l’expédition de 778 contre les Arabes en Espagne, la majorité de l’armée franque est composée de Bourguignons. Le 15 août 778, c’est l’événement du col de Roncevaux, ou l’arrière-garde de l’armée de Charles tombe dans le piège tendu par les Basques ou les Gascons (selon les historiens). Ces ennemis placés sur les hauteurs massacrent les Francs, dont nombre de grands seigneurs bourguignons : Guy de Bourgogne et Olivier de Vienne, ainsi que Roland, duc de la Marche de Bretagne. Ce triste épisode est à l’origine de la célèbre chanson de geste et de la légende de «Roland de Roncevaux» au Moyen-âge.

Charlemagne est un infatigable voyageur, pendant les quarante-six ans de son règne, il conduit cinquante-trois expéditions contre les peuples entourant son royaume, et principalement contre les Saxons, les Arabes d'Espagne, les Lombards, les Sarrasins d'Italie, les Slaves et les Avars.

Charlemagne organise son royaume, en 781, il fait couronner roi ses fils Pépin, roi d'Italie, et Louis, roi d'Aquitaine, et destine à son fils aîné Charles le reste du royaume des Francs. Vulnérable sur ses façades maritimes, l’État franc reçoit sur ses frontières terrestres, une solide organisation grâce aux systèmes des marches. On les rencontre dans les pays récemment conquis, et elles font face aux peuples qui sont en dehors du royaume. Elles sont placées sous l’autorité d’un chef militaire le « marchio » ou marquis. Sur les régions qui nous intéressent, il nomme un comte à Autun, à Auxerre, à Besançon, à Chalon-sur-Saône, à Mâcon, et à Nevers. Le comte est une sorte de haut fonctionnaire représentant le roi et obéissant à ses directives. Il est chargé de publier les décisions royales et de recevoir les serments de fidélité au roi. Il est chargé aussi de lever les impôts et taxes et d’en verser le produit au trésor. Charlemagne place à la tête des comtés, ses preux et ses paladins. Il en place même à la tête de certains évêchés et monastères. Généralement le comté et l’évêché ont le même territoire, correspondant aux anciens pagi gallo-romains, dont la superficie se situe entre nos départements et nos arrondissements actuels. Les comtés sont subdivisés en vigueries, correspondant à nos cantons actuels, avec à leur tête, un viguier, qui deviendra par la suite un vicomte. 

L’empire de Charlemagne

L'Empire de Charlemagne
Charlemagne a mis en place un vrai système de justice. Il crée les «missi dominici», véritables inspecteurs généraux dans le royaume, qui inspectent dans une région attitrée, le «missaticum». Là, ils doivent rendre la justice au nom de Dieu et sous l’ordre du roi.

Chaque année, Charlemagne réunit une assemblée générale formée des comtes et des prélats de son royaume, après les délibérations, les décisions sont rédigées, on les appelle les «capitulaires», et sont communiquées à travers tout le pays. L’ensemble des textes des capitulaires forme le recueil des lois et la constitution carolingienne.

Charlemagne fonde en 789 l'Université retrouvant ainsi la civilisation grecque et romaine, en lui redonnant vie par les monastères et les cathédrales. Charlemagne réintroduit l’écriture romaine, la caroline, en lieu et place de la minuscule mérovingienne. Ce roi ne sait pas écrire, mais il parle le tudesque (langue ancestrale de l’allemand), le latin, le grec, l’hébraïque, et le roman (langue ancestrale du français), il a appris la grammaire, le calcul, l’astronomie, la théologie et la dialectique. Il se consacre aussi au relèvement spirituel et moral du clergé et des fidèles. Ses enfants et les jeunes aristocrates qui vivent au palais reçoivent la même instruction.

Il se fait couronner empereur le 25 décembre 800 à Rome, par le pape Léon III (795-816) et c’est la naissance de l’empire d’Occident.

Le 6 février 806, à Thionville, Charlemagne organise le partage de son empire après sa mort, Pépin a l’Italie, la Bavière, la Rhétie et la Thurgovie, Louis a l'Aquitaine, la Septimanie, ainsi qu’une partie de la Bourgogne (Nevers, Avallon, Chalon-sur-Saône, Mâcon), le Lyonnais, la Savoie et la Provence, et Charles à qui il destine l’empire, le reste des terres (l’Austrasie, la Neustrie, la Saxe, la Thuringe, et sur la Bourgogne (Auxerre, Besançon, Dijon, Sens).

En 811, Charlemagne par un testament lègue ses richesses personnelles (or, pierres précieuses). Les deux tiers de son trésor sont divisés entre les vingt et une métropoles de l’empire. Pour ce qui nous intéresse, nous trouvons les villes d'Arles, Besançon, Lyon, Vienne et Sens. Les évêques signent ce testament, et héritent de leur quote-part.

Après la mort de Pépin (810), de Charles (811) et de Charlemagne (814), Louis Ier le Pieux (814-840), le dernier fils, déjà associé à l’empire depuis 812, devient empereur d’Occident. 

Les conflits familiaux sous Louis le Pieux

Par l’ordinatio imperii, à Aix la Chapelle en 817, Louis le Pieux divise son empire entre ses trois fils, Lothaire, l’aîné, est associé à l’empire, Pépin reçoit l'Aquitaine avec trois comtés bourguignons (Autun, Avallon et Nevers) et Louis reçoit la Bavière. Son neveu Bernard, fils de Pépin d'Italie, est roi d’Italie. La charte stipule que les trois rois sont subordonnés à l’empereur. Les grands de l’empire signent ce document. Pourtant, Bernard se sent lésé de ce partage et se révolte contre son oncle, il constitue une armée, mais Louis rassemble une armée colossale et campe à Chalon-sur-Saône. Bernard apprend la nouvelle et vient demander pardon à son oncle. Mais Louis, pourtant si dévot, accorde son pardon pour mieux frapper son neveu, il ordonne d’arracher les yeux du rebelle. Ce jeune prince de vingt-trois ans meurt trois jours plus tard dans d’atroces souffrances.

Le second mariage de Louis le Pieux avec Judith de Bavière donne naissance en 823, à un quatrième fils, Charles, le futur Charles II le Chauve. Cette mère ambitieuse pour l’avenir de son fils, va déclencher les nombreux conflits entre le père et ses fils et les fils entre-eux.

En 828, Louis appelle dans sa capitale Aix la Chapelle, le duc de Septimanie, Bernard, ce dernier auréolé de sa victoire sur l’émir de Cordoue à Barcelone, se voit confier la charge de Premier ministre et grand chambellan de l’empire. Bernard va s’entendre avec Judith pour convaincre Louis le Pieux de revoir la charte du partage de 817.

À Worms en août 829, Louis convoque l’assemblée des grands et accorde à son quatrième fils, Charles, un duché (composé de l'Alamanie, de l'Alsace, de la Rhétie et une partie de la Bourgogne Transjurane). Beaucoup de grands s’offusquent de cette décision qui viole la charte de 817 et demandent la démission de Bernard. Pépin d’Aquitaine et Louis de Bavière, les deux fils de l’empereur rejoignent le mouvement.

En avril 830, Lothaire rejoint le mouvement et les trois frères se rendent au palais de Compiègne où se trouve la famille impériale. L’empereur et Charles sont enfermés dans une chambre et Judith est exilée dans le monastère de Sainte-Radegonde de Poitiers, sous la garde du comte de Mâcon Guérin. Louis ne se résigne pas à abandonner le pouvoir. Bernard s’est enfuit sur ses terres avant l’arrivée des contestataires. Au mois d’octobre de la même année, Lothaire convoque un plaid pour proclamer la déchéance de son père. Il se tient à Nimègue, mais la majorité des grands vassaux sont d’origine germanique, et sont favorables à l’empereur. Lothaire doit s’incliner et reconnaître l’autorité de son père, Louis a gagné, mais pour combien de temps ?

Le partage de 831 à Aix la Chapelle, qui suit cette réconciliation redécoupe l’empire. Pépin récupère deux nouveaux comtés bourguignons (Auxerre et Sens) en plus des trois autres qu’il possède, tandis que les autres comtés sont donnés à Charles.

En 833, les révoltés se retrouvent et lancent une expédition contre leur père. Pépin et ses Aquitains et Bourguignons, Louis et ses Bavarois, Lothaire et ses Italiens accompagné du pape Grégoire IV qu’il a convaincu de le suivre se retrouvent à Rothfeld en Alsace, près de Colmar. L’empereur et ses Austrasiens, Neustriens et Saxons vont à leur rencontre. Le pape sert de médiateur entre le père et ses fils. Nombre de partisans de Louis le Pieux voyant le pape dans le clan adverse décident de changer de camp. L’empereur se rend à ses fils, il est enfermé à Saint-Médard à Soissons, Judith est exilée en Lombardie et Charles à Prüm. C’est le fameux épisode du Champ du Mensonge.

En octobre de la même année ; l’assemblée des grands à Compiègne destitue Louis, et proclame Lothaire, empereur. Mais les deux autres frères se sentent désavantagés, Lothaire ne leur accorde aucun autre domaine, il s’installe à Aix la Chapelle au palais impérial. Pépin d’Aquitaine et Louis de Bavière se révoltent contre leur frère, et marchent vers Aix. De leurs côtés, Guérin de Mâcon et Bernard de Septimanie soulèvent la Bourgogne et se mettent en route et rejoignent les troupes des deux rois. Lothaire dans l’incapacité de lever une armée en Austrasie, part vers la Neustrie en amenant en otage son père. Il le laisse à Paris pour gagner au plus vite Vienne qui lui est fidèle. Louis est libéré, rétabli et reçoit à Quierzy ses deux fils et leurs lieutenants, dont Guérin et Bernard. Il somme Lothaire de comparaître devant lui, mais celui-ci continue la lutte. Il remonte la vallée du Rhône et de la Saône, et se heurte à la défense de Chalon, tenu par Guérin. La ville tombe et Guérin est obligé pour sauver sa vie, de jurer une perpétuelle fidélité à Lothaire. Mais entre temps, l’empereur a réuni une armée imposante et Lothaire doit s’incliner. Il reconnaît l’autorité de son père et retourne en Italie avec interdiction d’en sortir.

En 835, à Thionville, Louis est de nouveau couronner empereur.

En 837, Louis s’obstine à donner un royaume à son fils Charles, il convoque les grands et annonce que ce nouveau royaume est délimité au nord par le Rhin, à l’est par la Meuse, au sud par la Seine avec un prolongement en Bourgogne (Auxerre et Sens), c’est à peut près les terres correspondantes à l’ancien royaume de Neustrie.

À Worms, en 839, l’empereur partage entre Charles et Lothaire son empire. Pépin étant mort l’année précédente, Charles a hérité de son royaume d'Aquitaine, Louis de Bavière se sent lésé avec sa seule Bavière. Le partage s’effectue selon une ligne qui passe par la Meuse, la Saône et le Rhône, à l’est se sont les terres de Lothaire à l’ouest celles pour Charles. Entre 806 et 839, la Burgondie a subi six partages différents !

À la mort de Louis Ier en 840, les querelles reprennent entre les trois frères survivants, Lothaire, Louis et Charles et leur neveu Pépin d’Aquitaine. Lothaire s’allie avec Pépin et Charles avec Louis. En Bourgogne, Ermenaud III d'Auxerre, Arnoul de Sens et Audri d'Autun sont dans le camp de Lothaire, tandis que Charles peut compter sur Guérin de Mâcon et Aubert d’Avallon. 

La Bataille de Fontenoy en Puisaye

La Bataille de Fontenoy en Puisaye
Les préparatifs de la guerre s’engagent dans les deux camps. Le comte de Paris, Girard, autre personnage important dans l’histoire de la Bourgogne, entre en lice. Girard a épousé Berthe, sœur d’Ermengarde, femme de Lothaire, il est donc dans le camp de son beau-frère. En mars 841, les Bourguignons fidèles à Guérin rejoignent leur roi. En mai, c’est Louis et ses troupes qui les rejoignent à Chalons sur Marne. En juin, Pépin et ses Aquitains retrouvent Lothaire à Auxerre. Le 25 juin 841, à Fontenoy en Puisaye, dans l'Auxerrois, une terrible bataille oppose les belligérants. Lothaire et Pépin vont l’emporter quand tout d’un coup, l’arrivée de Guérin à la tête d’une armée de Provençaux, Toulousains et Bourguignons, renverse la situation. Lothaire perd cette bataille. Si chacun a choisi son camp, ce n’est pas le cas de Bernard de Septimanie, qui attend le résultat de l’affrontement avant de se diriger vers le vainqueur. La duplicité du marquis va bientôt se dévoiler.

Pendant un an, la lutte continue, et la Bourgogne sert encore de terrain des combats. Lothaire chevauche à travers la Bourgogne septentrionale en octobre 841, en novembre il est à Sens avec Pépin. Charles lui est à Avallon et dans l’Auxois en janvier 842. Lothaire réapparaît à Troyes, puis à Lyon en mai 842, et Charles est vu à Dijon, Beaune et Chalon-sur-Saône en juin 842.

Entre temps, le 14 février 842, c’est le serment de Strasbourg entre Louis et Charles, rédigé en roman et en tudesque, par lequel les deux frères se jurent mutuellement assistance. C’est le plus ancien texte en langue romane, ancêtre de notre français actuel. Le 15 juin 842, les trois frères se réunissent non loin de Mâcon dans l’île d'Ancelles sur la Saône, ils signent les préliminaires de la paix. 

Le traité de Verdun et ses conséquences

Et c’est le traité de Verdun en 843, qui fait éclater l’empire de Charlemagne et la Bourgogne mérovingienne. Lothaire Ier (840-855) l’empereur d'Occident, récupère la Haute Bourgogne (Amous, Varais, Portois et Escuens), la Bourgogne Transjurane et la Bourgogne Cisjurane (Lyonnais, Viennois, Provence), ainsi que le comté de Langres dans son royaume de Lotharingie qui s’étend de la Frise (Nord des Pays Bas actuel) à Rome.

La Basse Bourgogne avec les comtés de Chalon-sur-Saône, d'Autun, de Mâcon, de Nevers, d'Auxerre, de Sens, de Tonnerre, d'Avallon et de Dijon, est rattachée au royaume de Charles II le Chauve (843-877), la future France.

Quant à Louis de Bavière, le troisième frère, il obtient l’Austrasie, l’Alémanie, la Saxe et la Rhétie. Il va prendre le nom de Louis le Germanique.

Ce découpage est le départ de la future séparation entre le duché et le comté de Bourgogne. On parle alors de la Bourgogne franque et de la Bourgogne germanique, la Saône est désignée comme ligne frontière. Dans le langage populaire qui est employé jusqu’au XIXème siècle, on parle de «la rive de Riaume (royaume de France)» pour la rive droite de la Saône, et de «la rive d’Empi (empire Germanique)» pour la rive gauche.

Le partage lors du traité de Verdun en 843

Le traité de Verdun
Nombre de comtes changent alors de territoires pour s’installer dans le royaume de leur suzerain. Girard abandonne son comté de Paris, pour celui de Metz, Audri celui d'Autun pour celui d'Orange, Mafroi celui d'Orléans pour celui du Varais dont Besançon. Guérin est lui récompensé de la perte du Lyonnais et du Viennois, il reçoit les comtés d'Autun, d'Auxois et de Duesmois, ce qui forme avec le Mâconnais, le Chaunois et le Mémontois qu’il possède déjà, la Marche ou Marquisat de la Bourgogne méridionale et fixe sa capitale à Chalon-sur-Saône. 

 

Le morcellement de l’empire et les troubles en Bourgogne

L’empire continue son fractionnement, après le traité de Verdun qui a divisé l’empire en trois royaumes, Lothaire Ier, avant de se retirer dans un monastère, partage ses états en 855 entre ses trois fils. L’empire compte maintenant cinq royaumes.

Louis II (855-875), l’aîné, obtient le titre d’empereur d'Occident et roi d'Italie, Lothaire II (855-869) est roi de Lotharingie, royaume qui englobe la Bourgogne Transjurane et la Haute Bourgogne, et Charles (855-863) le cadet est roi de Provence ou Bourgogne Cisjurane. Lothaire Ier confie à son beau-frère, Girard (855-863), la tutelle de son dernier fils. Girard assure la régence du royaume de Provence.

Des troubles éclatent en Bourgogne franque, liés à l’élection controversée sur l’évêché de Langres, aussi en mars 858, Charles le Chauve convoque les grands de Bourgogne à Quierzy pour régler le conflit. Malgré des serments de fidélité, les grands de Bourgogne se révoltent, parmi les chefs, on trouve l’archevêque Ganelon de Sens, les comtes Eudes de Troyes et Echard du Morvois. Ils font appel à Louis le Germanique et lui demandent d’intervenir. Louis franchit le Rhin, occupe Chalons sur Marne, puis Sens. Charles lui coupe la route du retour en reprenant Chalons, Louis fait demi-tour et fait face à son frère. Charles dont les forces sont insuffisantes, n’engage pas la lutte et se réfugie à Auxerre.

En janvier 859, Charles quitte Auxerre et se porte contre son frère, celui-ci est surpris, se dérobe et retourne dans son royaume. Les sanctions tombent, Eudes et Echard perdent leur comté. Cette même année, Charles confie à son cousin germain, neveu de l’impératrice Judith, Conrad, le comté d’Auxerre.

En 862, le marquis Onfroi, fils de Guérin, mais également proche parent du régent de Provence, Girard, est accusé de rébellion vis à vis de son roi, par le vicomte de Blois. Le roi ne donne pas suite.

Mais en avril 863, Onfroi enlève Toulouse au marquis Raymond, Charles se doit de réagir très vite, ses troupes se dirigent vers la Bourgogne. Les honneurs d'Onfroi sont distribués, Echard qui s’est réconcilié avec Charles, hérite du Chalonnais ou Chaunois.

Pour rappel, voici les « pagi » ou comtés de la Burgondie : nous trouvons sur la Bourgogne « franque » du sud au nord : Mâconnais, Autunois, Chaunois, Nivernais, Beaunois, Avalois, Oscheret, Auxerrois, Auxois, Dijonnais, Mémontois, Duesmois, Atuyer, Tonnerrois, Lassois, Langogne, Sénonais, Troiesien, Barrois et Bassigny et sur la Bourgogne « germanique » : Escuens, Amous, Varais, Portois, et Ajoie. 

Les « pagis » bourguignons du IXème siècle

Les Pagis de Bourgogne
Sur la bourgogne germanique, ce n’est pas mieux, les trois fils de Lothaire n’ont pas l’esprit de confraternité, chacun réclamant une partie du royaume de leur père, toutefois, à Orbe, dans le Jura, en 863, les trois rois s’accordent sur un statu quo.

À partir de 864, le premier personnage de la Bourgogne est Robert le Fort, celui qui est l’ancêtre des Capétiens, est l’homme de confiance de Charles. Cette même année, il lui confie l’Autunois, puis l’année suivante, le Nivernais et l’Auxerrois.

Dès 866, les Normands sont de plus en plus présents et ravagent la France. Robert le Fort et son frère Eudes, l’ex-comte de Troyes, à la tête de l’armée royale sont chargés de les combattre, mais en septembre Robert est tué.

À la mort de Charles de Provence en 863, et de Lothaire II en 869, sans héritiers directs, leurs parts doivent revenir à leur frère l’empereur Louis II, mais celui-ci est occupé en Italie à lutter contre les Sarrasins. Leurs deux oncles Louis II le Germanique et Charles II le Chauve vont alors conquérir leurs territoires.

Le 22 janvier 870, Charles épouse en seconde noce, Richilde, fille du comte et abbé de Gorze, Bivin. Il s’appuie alors sur son nouveau beau-frère Boson. Nous verrons la montée en puissance de la famille des Bosonides sur l’histoire de la Bourgogne (cf. histoire du royaume et duché de Bourgogne).

Lors du traité du 8 août 870 à Meerseen, Louis le Germanique et Charles le Chauve se partagent la Lotharingie (cf. histoire du royaume de Bourgogne).

Dès 872, Charles s’intéresse à la succession de son neveu, Louis l’empereur, il est prêt à intervenir et fait un long séjour en Bourgogne, on le voit à Besançon, à Pontailler. Cette année, il nomme Boson, grand chambrier du royaume.

En 875, à la mort de l’empereur, Charles le Chauve se dirige vers Rome, et le 25 décembre, il est couronné empereur par le pape Jean VIII (872-882), soixante-quinze ans après son grand-père, Charlemagne. L’empereur revient en France et confie l’Italie à son beau-frère Boson, avec le titre de duc, puis de vice-roi.

L’empereur part une dernière fois, en 877, pour l'Italie à l’appel du pape, pour lutter contre les Sarrasins. Charles passe par Besançon pour rejoindre l’Italie. Dans le même temps, Carloman, fils de Louis le Germanique arrive avec une grande armée pour couper la route de l’empereur. Charles se replie sur le Pô, fait couronner sa femme impératrice et attend les renforts. Mais les grands du royaume se sont soulevés, et refusent d’aller au secours de l’empereur, qui a « déserté » son royaume. Les révoltés sont Boson, Hugues l’Abbé, Bernard Plantevelue et Bernard de Gothie. Charles fait demi-tour, mais il meurt lors du voyage au pied du mont Cenis, il est enterré à Nantua.

Son fils Louis II le Bègue (877-879) lui succède sur la France, mais il meurt deux ans plus tard, l’empire carolingien se désintègre. 

La fin de l’empire d'Occident et la montée de la féodalité

C’est la naissance de la féodalité qui s’explique par la faiblesse du pouvoir royal. C’est une époque ou l’on voit surgir un monde nouveau, avec l’émiettement des pouvoirs. Les grandes principautés sont disloquées en de multiples seigneuries. Une nouvelle noblesse, celle des comtes et des vicomtes, s’empare du pouvoir local et exerce les droits de ban. On voit également dans les villes, les évêques qui exercent la fonction comtale. On note aussi une appropriation des églises par des laïcs (comte) avec le titre d’abbé laïc. Cette transformation des rapports entre les hommes qui se met en place est l’élément essentiel à la base du système féodal et qu’on appelle la « seigneurie ». La vie s’organise autour de ce système, dont le centre est le château-fort. La féodalité prend les rênes de la décision, d’autant que les grandes invasions saccagent le pays, qu’elles soient normandes ou sarrasines.

Dans les documents écrits en latin, le terme « miles » qui signifie chevalier se répand très rapidement. Le chevalier est avant tout un cavalier et un combattant. Si au début tous les chevaliers ne sont pas nobles, loin s’en faut, un siècle plus tard tous les nobles se disent chevalier.

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Le Royaume de Bourgogne Cisjurane

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03/09/2017