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Histoire des Mérovingiens de Bourgogne
du VIème au VIIIème siècle

La prise en main des Mérovingiens

En 543, Childebert offre aux cathédrales de Mâcon et de Chalon-sur-Saône, les reliques de saint Vincent qu’il a ramené d’une expédition militaire en Espagne, contre les Wisigoths, en allant chercher sa sœur Clotilde qui a épousé le roi des Wisigoths Amalaric. Les deux églises prennent alors le nom de ce saint.

En 555, Chramne le fils de Clotaire Ier se révolte contre son père et soulève la Bourgogne, il met le siège devant Chalon-sur-Saône, et la ville est pillée.

En 558 Clotaire à la mort de ses frères et de ses neveux, unifie tous les royaumes Francs, mais il meurt en 561 à Saint-Martin de Tours; le partage de l’héritage s’effectue entre ces quatre fils survivants. Cette manière de diviser un état comme un bien patrimonial, est l’une des plus funestes erreurs de droit public des peuples germaniques. Cette disposition qui durera jusqu’au Xème siècle, aura des conséquences malheureuses sur le fonctionnement de la Gaule. Elle enfantera des guerres héréditaires, fratricides et familiales durant plus de cinq cents ans. 

Le second royaume de Bourgogne

Caribert Ier est roi de Paris, Sigebert Ier est roi d'Austrasie, Chilpéric Ier est roi de Neustrie et Gontran (561-592) devient roi de Bourgogne sur un territoire s’étendant de Sens à Arles, et d’Orléans au cœur de la Suisse.

La Bourgogne est alors divisée en quatre grandes parties :

  • La Bourgogne Transjurane : qui comprend les terres à l’est du massif du Jura (la Suisse actuelle)

  • La Bourgogne Cisjurane : qui comprend la Savoie, le Lyonnais, le Viennois et la Provence

  • La Haute Bourgogne : qui comprend les terres à l’est de la Saône (le comté de Bourgogne ou la future Franche-Comté)

  • La Basse Bourgogne : qui comprend les terres à l’ouest de la Saône (le futur duché de Bourgogne)

En 569, Gontran réconcilie ses deux frères Chilpéric et Sigebert, à Andelot, qui sont sur le point de se faire la guerre, suite à l’assassinat de Galswinthe la seconde épouse de Chilpéric, par Frédégonde sa concubine. Galswinthe était la sœur de Brunehaut l’épouse de Sigebert.

En 571, les Lombards, autre peuple germanique, installés depuis trois ans en Italie, franchissent les Alpes au Mont Genèvre, et pénètrent en Bourgogne Transjurane et Cisjurane. Le patrice Mommole qui commande les armées de Gontran, les bat à Chamousse au nord d’Embrun. L’année suivante, ces mêmes Lombards sont de nouveau battus par Mommole à Estoublan à côté de Digne. Ils ne reviennent plus.

À la mort de Sigebert par assassinat en 575 (meurtre certainement commandité par sa belle-sœur Frédégonde), Gontran adopte comme héritier de son royaume, Childebert II, le fils de Sigebert, et le fait reconnaître roi d’Austrasie.

De 581 à 584, un concile d’évêques se tient à Mâcon. À la fin de cette assemblée, Gontran adresse aux évêques de son royaume, une ordonnance pour respecter le repos dominical. Ce décret est signé près de Mâcon au château de Péronne.

À la mort de son dernier frère, Chilpéric, en 584, lui aussi par assassinat, Gontran fait reconnaître le fils de ce dernier, Clotaire II, comme roi de Neustrie.

Jusqu’à sa mort, Gontran s’occupe de la Bourgogne et maintient la paix entre ses deux neveux. Il a la renommée d’un roi sage et plein de bonté, et sait s’entourer d’hommes instruits. Il a fixé la capitale de son royaume à Chalon-sur-Saône, et fit construire l’abbaye de Saint-Marcel à l’endroit où le saint apôtre avait souffert le martyr.

À sa mort en 592, son royaume va à son neveu Childebert II (575-596), déjà roi d'Austrasie, le fils de Sigebert Ier, qu’il a reconnu comme héritier.

Le royaume de Gontran au VIème siècle 

Le Royaume de Bourgogne
Au décès de Childebert II en 596, le royaume de Bourgogne passe aux mains de son second fils Thierri II (596-613), l’aîné Théodebert II (596-612) reçoit le royaume d’Austrasie. Le royaume de Bourgogne s’agrandit de l'Alsace et du Sundgau qui sont détachés de l’Austrasie. 

L’histoire de saint Colomban

En 593, Colomban, moine d’origine irlandaise s’établit à Annegray, puis à Luxeuil et Fontaine-lès-Luxeuil et répand le christianisme au pied des Vosges. La vie de ce saint est bercée de surnaturel, il guérit malades et blessés, ce qui attire de nombreux suppliants avec leurs offrandes. La communauté vie à l’abri du besoin mais dans l’observance stricte des règles écrites par saint Colomban. Les moines travaillent dur de leurs mains, défrichant, cultivant et bâtissant. Ils sont les constructeurs de l’abbaye de Baume-les-Messieurs.

Saint Colomban va se heurter à la reine Brunehaut, la veuve de Sigebert Ier, qui gouverne pendant les règnes de son fils Childebert II et de ses petits-fils Thierri II et Théodebert II. Il critique la façon de vivre de Thierri II, l’incitant à prendre une femme plutôt que des concubines qui lui donnent des bâtards.

En 608 il se présente à la cour de Thierri II qui a fixé la capitale de son royaume à Autun. Brunehaut lui montre les enfants que Thierri II a eus d’unions adultères : «ce sont les fils du roi. Confirme-les de ta bénédiction.» Il lui réplique : «jamais ils ne porteront le sceptre royal, car ils sont issus des lupanars». Furieuse, Brunehaut exile saint Colomban à Besançon, puis veut l’expédier en Irlande mais il se réfugie en Neustrie et termine sa vie en Italie dans le monastère de Bobbio en 615, qu’il a fondé.

Colomban partit, ses successeurs Eustache (608-629) et Valbert s’entendent avec la royauté mérovingienne.

Les luttes fratricides

En 610, Théodebert II poussé par les Austrasiens envahit l’Alsace. Les deux frères se rencontrent à Seltz, près de Wissembourg, et Théodebert II contraint Thierri II à lui céder l’Alsace.

En 612, Thierri II cherche à se venger. Il achète la neutralité de son cousin Clotaire II le roi de Neustrie. Il pénètre en Austrasie et rencontre Théodebert à Toul, et le contraint à fuir. Théodebert demande l’aide des Alamans, mais il est battu à Tolbiac et fait prisonnier. Il est conduit jusqu’à Chalon-sur-Saône et doit se faire tondre et entrer dans les ordres. Il meurt assassiné quelque temps après. Thierri II prend la couronne du royaume d’Austrasie.

En 613, Thierri II s’attaque à son cousin Clotaire II, fils de Frédégonde, mais il meurt de dysenterie à Metz. Brunehaut quitte Metz avec ses quatre arrière-petits-fils, nés des concubines de Thierri II, pour Worms. Clotaire II envahit l’Austrasie. Brunehaut se réfugie en Bourgogne, Clotaire II la poursuit et massacre deux des fils de Thierri II, Sigebert et Corbe. Sigebert, l’aîné avait été reconnu roi d’Austrasie. Les deux autres enfants, Mérovée et Childebert, disparaissent pour toujours de la scène politique. Brunehaut se cache, mais Garnier (612-627), maire du palais de Bourgogne, la livre à Clotaire II. 

La fin de Brunehaut

Comment ne pas raconter la mort horrible de cette reine qui avait presque quatre-vingts ans ? La scène se déroule à Renève dans l’actuel département de la Côte d’Or. Clotaire II lui fait subir pendant trois jours mille tourments. Puis il la fit défiler assise sur un chameau à travers le camp de l’armée, enfin on l’attacha par les cheveux, par un pied et par un bras à la queue d’un cheval indompté. Son corps fut traîné parmi les buissons et les épines et mis en pièce. On recueillit les débris et on les mit au feu. Ses restes furent enterrés à Autun au monastère de Saint-Martin. 

Clotaire II et Dagobert Ier

Clotaire II, le fils de Chilpéric Ier, devient le seul roi de tous les royaumes Francs.

À noter qu’en 615-616 des troubles éclatent en Bourgogne Transjurane où les grands sont mécontents de ne plus avoir de roi; Clotaire II fait mettre à mort les chefs rebelles. Toutefois, en 617 à Bonneuil sur Marne, les grands de Bourgogne obtiennent quelques avantages, et Garnier, maire du palais de Bourgogne est confirmé dans ses fonctions.

En 627, Godin, le fils de Garnier lui succède dans sa fonction. Mais non content de le remplacer dans celle-ci, il ose le remplacer dans sa vie privée en épousant sa belle-mère. Clotaire II profite de ce scandale pour l’éliminer en le faisant assassiner, et ainsi supprimer la fonction.

À la mort de Clotaire II, son fils Dagobert Ier (629-639) lui succède sur l’ensemble du territoire franc jusqu’en 639. Dagobert règne déjà depuis trois ans sur l’Austrasie.

Vers 630, il fait une grande tournée en Bourgogne en passant par Langres, Dijon, Saint-Jean-de-Losne, Chalon-sur-Saône, Autun, Auxerre et Sens, en rendant la justice au nom de Dieu à chaque étape. Son arrivée dans la Bourgogne inspire une telle crainte aux grands et aux prélats que tout le monde est émerveillé. Il réside quelques jours dans chaque étape pour répondre aux sollicitations et rendre la justice.

Ce roi a une vie de débauche amoureuse très riche, il a épousé trois femmes, et un tel nombre de maîtresse que les historiens ont renoncé à les répertorier.

Dagobert est le premier roi qui est enterré à la basilique Saint-Denis de Paris. 

Le royaume de Neustrie et de Bourgogne

En 639, Clovis II (639-657), le second fils de Dagobert est élu roi de Neustrie et de Bourgogne, c’est sa mère Nanthilde qui exerce la régence. À partir de cette date, beaucoup d’historiens s’accordent à proclamer que les rois francs ne sont que des fantoches dans les mains des maires du palais, véritables pouvoirs dans les royaumes francs. A la décharge de ces rois, nous pouvons avancer leur jeune âge, Clovis II a cinq ans quand il est hissé sur le pavois, c’est le cas également de son fils, Clotaire III. Ils sont dominés par les maires du palais qui sont des hommes d’âge mûr.

Entre 639 et 642, c’est Nanthilde, la mère de Clovis qui exerce la régence ; après elle, le gouvernement du royaume est confié à Ernichoald jusqu’en 650, date à laquelle Clovis atteint sa majorité de 15 ans. 

Une boucle de ceinture mérovingienne

Ceinture Mérovingienne

Clotaire III (657-673) succède à son père Clovis II en 657 sous la régence de la reine Bathilde, sa mère. Son frère Thierri III (673-691) lui succède en 673, tous les deux sous l’autorité d’Ébroïn (656-683), maire du palais de Neustrie et de Bourgogne.

En 674, les grands se révoltent contre la dictature d'Ébroïn et font appel à Childéric II roi d'Austrasie, le frère de Thierri III; le parti de Childéric II l’emporte. Thierri III est tondu et relégué à Saint-Denis, et Ébroïn est exilé au monastère de Luxeuil. Childéric II devient roi des trois royaumes : Austrasie, Neustrie et Bourgogne.

Mais Léger, évêque d'Autun, obtient du roi Childéric II la promesse de respecter la coutume propre à chaque royaume et de ne pas laisser les administrateurs intervenir dans le domaine des grands. On voit dans ce désir la volonté de conserver une forme de vie très « bourguignonne ». Léger, devenu le principal personnage du palais est lui aussi victime des grands. Il est exilé à son tour à Luxeuil où il retrouve Ébroïn. Childéric gouverne si brutalement, qu’il fait battre un noble bourguignon. Celui-ci, un certain Badillon, se venge et assassine le roi et la reine Blichilde qui est enceinte.

Aussitôt, Léger et Ébroïn quittent Luxeuil. Tandis que Thierri III redevient roi de Neustrie et de Bourgogne avec l’aide de Léger, Ébroïn rassemble ses partisans et assassine tous les adversaires qui se trouvent sur son passage. Puis il se rallie à Thierri III en se débarrassant des fidèles du roi. Il reste Léger, Ébroïn réussit à mettre la main sur lui. 

La mort de saint Léger

Là aussi, il faut raconter la fin horrible de cet évêque : on lui crève les yeux, puis on le fait marcher pieds nus sur des pierres aiguisées, puis on lui coupe les lèvres et on lui arrache la langue. Il vit ainsi deux ans, enfin Ébroïn le condamne à mort et on lui coupe la tête. Son supplice frappe l’imagination, il est canonisé peu de temps après. 

La montée en puissance des maires du Palais

En 680 après la mort de Dagobert II roi d'Austrasie, Thierri III devient le seul roi des Francs. Ébroïn veut étendre sa domination sur l'Austrasie, Thierri III se joint à lui et ils engagent la lutte contre le maire du palais d'Austrasie Pépin de Herstal (685-714). Pépin est le beau-frère de Thierri, ce dernier a épousé en 675, sa sœur Clotilde. Les Austrasiens sont battus, Pépin s’enfuit.

En 683, Ébroïn est assassiné, par un seigneur qui délivre ainsi les trois royaumes de cet homme cruel.

En 687, Thierri III se heurte de nouveau à son beau-frère, Pépin de Herstal qui à la demande des grands, intervient en Neustrie, et cette fois Pépin de Herstal bat Thierri III à Tertry (dans l’actuel département de la Somme). Pépin de Herstal est désormais le maître en Gaule, il laisse toutefois Thierri III sur son trône. Il place à la tête du palais en Bourgogne, son fils aîné Drogon (687-708).

À la mort de Drogon, c’est son second fils Grimaud (700-714) qu’il place à la tête du gouvernement de Neustrie et de Bourgogne.

Pépin exerce le pouvoir aussi pendant les règnes de Clovis IV, de Childebert III et de Dagobert III.

Un événement en 711 aura des répercussions sur l’histoire de la Gaule et de la Bourgogne. Il se déroule à Xérès au sud de l'Espagne et oppose les Arabes venus d'Afrique aux Wisigoths installés depuis trois siècles dans ce pays. La bataille dure trois jours, et les Arabes sont victorieux, profitant de la mésentente entre les rois Wisigoths. Ils envahissent l'Espagne, nous les retrouverons plus tard. 

Charles Martel

Après la mort de Pépin de Herstal, son troisième fils Charles Martel (719-741), né de sa concubine Alpaïde, réussit en 719 à gouverner sur le même ensemble de territoire. Comme son père, il maintient des rois mérovingiens sur le trône : Chilpéric II et Thierri IV; mais il est le véritable maître de toute la Gaule. Le changement de dynastie se profile à l’horizon. Charles doit également surveiller les laïcs et clercs qui veulent former des principautés, c’est le cas avec Savary, évêque d'Orléans et d'Auxerre, qui veut constituer un duché de Bourgogne ou encore son successeur à Auxerre, Aymard. Pour l’instant, face aux périls externes de son royaume, il contrôle la situation interne.

De 725 à 731, les villes d'Autun, Besançon, Chalon-sur-Saône, Dijon, Luxeuil, Mâcon, Saint-Claude et Sens, subissent les raids des Sarrasins ou Arabes qui remontent le long des vallées du Rhône et de la Saône.

Charles Martel arrête les Musulmans conduits par Abdiraman, près de Poitiers en 732. Cette victoire permit à Charles d'assurer son triomphe sur ses « ennemis » : sur les musulmans, d'une part, mais aussi et surtout sur les Aquitains et de leur chef le duc Eudes. Par cette victoire sur les musulmans, Charles Martel devint le bras droit et le défenseur incontesté de la chrétienté.

En 736, Charles Martel et son frère Childebrand interviennent en Bourgogne avec brutalité, persuadé à tort ou à raison que les grands de Bourgogne n’ont pas opposé, aux Sarrasins une résistance sérieuse, mais surtout pour achever leur mainmise sur tout le royaume franc. Beaucoup de grands sont déportés, notamment l’évêque Aymard d'Auxerre, et sont remplacés dans leurs fonctions par des fidèles de Charles Martel. Childebrand exerce en Bourgogne et en Provence, une fonction ducale jusqu’en 739, pour assurer la présence carolingienne sur ces deux provinces.

À la mort de Charles Martel, en 741, ses deux fils Carloman (741-747) et Pépin le Bref (741-751) se partagent le pouvoir.

Après la retraite de Carloman en 747 dans le monastère du mont Cassin, Pépin se retrouve seul et exerce le pouvoir tout en laissant sur le trône le dernier roi mérovingien, Childéric III (743-751).

Avec l’accord du pape Zacharie (741-752), Pépin le Bref convoque une assemblée à Soissons de tous les grands et se fait élire roi des Francs en se faisant hisser sur le pavois en 751. Childéric III et son fils Thierri, sont tondus et envoyés au monastère de Saint-Omer. La dynastie mérovingienne a vécu, les carolingiens prennent le pouvoir.

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03/09/2017